top of page

Pourquoi la transmission familiale ne se prépare pas seulement avec des mots

  • 2 juil. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 avr.

Photo de Glen Carrie
Photo de Glen Carrie

Dans les transmissions que j'accompagne, il y a un moment récurrent.

On est en réunion, la famille est réunie autour de la table, tout le monde parle. Le fondateur explique sa vision, le successeur expose ses projets, les autres membres de la famille acquiescent ou posent des questions raisonnables. Et pourtant, quelque chose ne circule pas.

On parle de la transmission. Mais on n'est pas vraiment dedans. Les mots restent en surface. Les vraies questions — celles sur la loyauté, sur la légitimité, sur ce qu'on va perdre et ce qu'on espère — ne trouvent pas d'ouverture.


C'est précisément là que l'approche systémique change quelque chose. Non pas comme une méthode supplémentaire, mais comme une manière de rendre visible ce que le langage rationnel ne parvient pas à toucher.


Ce qu'un système familial porte sans le dire

Une entreprise familiale n'est pas une organisation comme les autres. Elle est traversée par des histoires qui remontent parfois à plusieurs générations : un sacrifice fondateur qu'on ne peut pas trahir, un rôle qu'on a endossé sans l'avoir vraiment choisi, une attente implicite qui n'a jamais été nommée mais que tout le monde ressent.

Ces dynamiques ne disparaissent pas quand on ouvre un tableur de planification successorale. Elles continuent de circuler en silence, orientant les décisions, creusant les malentendus, pesant sur les relations.


La systémie, dans ce contexte, c'est l'art d'observer ces liens plutôt que de blâmer les personnes. De questionner les histoires qu'on se raconte. De permettre à chacun de trouver sa place dans un système qui évolue.


Le corps et le symbolique comme leviers

J'ai appris, après des années d'accompagnement, que les moments de transformation les plus profonds ne se produisent pas quand quelqu'un comprend intellectuellement quelque chose.

Ils se produisent quand quelque chose se déplace — dans la posture, dans la respiration, dans la manière dont on occupe l'espace.

C'est pourquoi j'intègre dans mon accompagnement des formes d'expression qui court-circuitent le mental : le travail avec le corps, les constellations systémiques, les métaphores, les objets symboliques.


Ces outils ne sont pas des gadgets. Ils permettent d'accéder à ce que les mots seuls ne peuvent pas atteindre — les émotions non dites, les loyautés invisibles, les représentations que chaque membre de la famille se fait de l'entreprise et de sa place dedans.

Et souvent, ce qui émerge dans ces espaces-là est plus juste, plus réel, plus utile que tout ce qui avait été dit en réunion.


Ce que ça change dans une transmission

Quand on donne au fondateur et au successeur un espace pour exprimer, autrement que par des mots, ce qu'ils ressentent face à la transmission — ce qu'ils espèrent, ce qu'ils craignent, ce qu'ils n'osent pas demander — quelque chose se libère.

Pas nécessairement dans la douleur. Parfois avec beaucoup de douceur, même.

Les rôles se clarifient. Les loyautés deviennent conscientes plutôt qu'automatiques. La famille peut commencer à se projeter dans une nouvelle configuration sans avoir le sentiment de trahir ce qui a été construit.

La transmission cesse d'être une opération à gérer. Elle devient un passage à traverser ensemble.


Vous sentez que quelque chose ne se dit pas dans votre famille autour de la transmission ? Parlons de ce passage.

 
 
bottom of page